Accueil Protocole d’anesthésie pratique des NAC

Publié le : 27 septembre 2002

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Protocole d’anesthésie pratique des NAC

L’anesthésie des "NAC (nouveaux animaux de compagnie)"
Dr Didier BOUSSARIE
  1. Le furet :

Diète préopératoire

Le transit intestinal est rapide (3 heures) du fait même de la nature du tube digestif qui s'assimile à un long tube indifférencié. Une diète préopératoire de quelques heures est suffisante.

Contention préopératoire

Les principes de contention sont ceux que l'on utilise chez le chat.

Le furet doit être pesé pour éviter les surdosages en anesthésie fixe.

 

A savoir :

 

Pour en savoir plus :

BOUSSARIE D. (1996). Le furet en consultation. Virbac Info.,58,3.

BOUSSARIE D. (1998). Le furet 2ème partie. Dominantes pathologiques. Nac Info, 17, 4 p.

HAFFAR A., REVIRON TH. (1998). Opération de convenance chez le furet. Le Point Vét., 29 (188), 51-55.


  1. Le lapin

Il est vivement conseillé d'hospitaliser le lapin la veille, pour ne pas intervenir sur un animal stressé.

Diète préopératoire

Le lapin ne peut pas vomir mais une diète hydrique préopératoire de 2 à 4 heures est conseillée. En effet un volume gastrique important est une cause de variation dans l'effet de la dose anesthésique et une diète va réduire le tympanisme abdominal. Par ailleurs une glycémie basse à de grandes chances de provoquer rapidement un ischémie cérébrale résultant d'un arrêt cardiaque ou respiratoire et une diète prolongée pourra être dangereuse.

Une antibiothérapie prophylactique est utile s'il existe des chances significatives de contamination bactérienne peropératoire.

Contention préopératoire

Ne jamais saisir le lapin brutalement par les oreilles (risque de réflexe otocardiaque mortel). Eviter les contentions drastiques pouvant être à l'origine de mort brutale. Une main doit toujours être placée sur le dos pour éviter les bonds intempestifs.

Le lapin doit être pesé avec précision pour éviter les surdosages en anesthésie fixe.

Principaux anesthésiques utilisables

 

* Anesthésiques fixes

 

 

  •  

     

  • Chirurgie légère

 

 

 

Tilétamine-zolazpam

 

10 mg/kg

 

IM

  •  

     

  • Chirurgie lourde

 

 

 

Metedomidine

Kétamine

± Diazépam

 

250-300 µg/kg

20 mg/kg

1 mg/kg

 

 

SC, IM

 

Au réveil Antisedan

 

50 µg/kg

 

IV, IM

 

* Anesthésiques gazeux

 

 

 

Halothane

 

3-4 % à l'induction puis 1-2 % à l'entretien

 

Isoflurane

 

3-4 % à l'induction puis 1-2 % à l'entretien

 

En circuit ouvert ou semi-ouvert

Prévoir une induction avec la kétamine (15 mg/kg) ou la tilétamine-zolazepam (10 mg/kg).

Anesthésie au masque mais intubation endotrachéale possible. Le lapin doit être place en décubitus dorsal, tête en extension. Utiliser un laryngoscope de petite dimension et pratiquer une anesthésie locale (Tronotane ND) avant intubation.

A savoir :

Surveillance de l'anesthésie

* Signes à rechercher

* Signes inquiétants témoins d'un surdosage ou d'un état de choc

Réveil

Alimentation post-opératoire

Pour en savoir plus

BOUSSARIE D. (1997). La chirurgie de convenance des rongeurs et lagomorphes de compagnie, PMCAC.


  1. La perruche et autres Psittacidés

Diète préopératoire

Les oiseaux ne disposent que de très peu de réserves, ce qui conduit à un état d'hypoglycémie rapide en cas de jeûne. Il ne faut donc pas soumettre les oiseaux à un jeûne préopératoire chez les petits sujets et ce jeûne ne doit pas être supérieur à 3 heures chez les sujets de plus de 250 g. Chez les jeunes Psittacidés, il est nécessaire de vidanger le jabot avant intervention, afin d'éviter une fausse déglutition.

Contention préopératoire

Eviter d'intervenir sur un oiseau venant d'être transporté, surtout par temps chaud ou s'il s'agit d'un long trajet.

La capture de l'oiseau doit être rapide et non brutale, centripète c'est à dire en ramenant les ailes et les pattes contre le corps.

Le système respiratoire des oiseaux est complexe (pas d'épiglotte, pas de diaphragme, poumons en continuité avec les sacs aériens). Les poumons ne sont pas mobiles et la respiration est passive, les mouvements respiratoires étant liés au sternum. Tout " serrage " de la région thoracique est dangereux car il s'oppose à ce mécanisme.

Préparation de l'anesthésie

Durant la phase d'induction, l'oiseau doit être gardé le plus au calme possible, en situation de stress minimum. La contention doit être rapide, douce et efficace. Les oiseaux sont sensibles à l'hypothermie chirurgicale.

Surveillance de l'anesthésie

* Signes à rechercher

* Signes inquiétants voir dramatiques

Principaux anesthésiques utilisables

* Anesthésiques fixes

Bien s'assurer de la qualité du produit à injecter (en fonction du poids) et de l'état de santé de l'oiseau (minorer les doses sur les sujets malades, obèses, insuffisants respiratoires).

Les réinjections peuvent conduire à un surdosage dangereux.

 

 

Xylaxine + kétamine

 

Kétamine + médétomidine

 

Tilétamine - Zolazepam

 

Dose

 

3-10 mg/kg + 15-30 mg/kg IM

pour oiseau < 500 g

2-25 mg/kg IM

pour oiseau > 500 g

 

3-7 mg/kg + 75-100 µg/kg IM

 

20-30 mg/kg IM

 

Induction

 

5-10 minutes

 

 

5 minutes

 

Temps chirurgical

 

20 minutes à quelques heures

 

Idem

 

Idem

 

Réveil

 

long

 

calme

 

 

Remarques

 

 

éviter l'antisedan car réveil

agité

 

* Anesthésiques gazeux

C'est la méthode de choix.

Choisir de préférence un circuit ouvert ou semi-ouvert.

 

 

Isoflurane

 

Halothane

 

Induction

 

1-5 minutes pour 3-4 %

+ O_ : 2-3 litres par minutes

 

3-5 minutes pour 2 à 4 %

+ 0_ : 2-3 litres par minutes

 

Entretien

 

2,5 % °+ O_ : 1-2 litres /minutes

 

1-2 % + O_ : 0,5-1,5 litres/mn

 

Réveil

 

0_ : 4-5 litres/mn

 

Idem

 

Remarques

 

0,5-2 % en entretien pour aras

 

Réveil

Un réveil trop long peut conduire à une hypoglycémie et/ou une hypothermie mortelle.

Le réveil est rapide avec les anesthésiques gazeux et l'oiseau peut être replacé immédiatement dans sa cage. Le réveil peut être agité et il faut veiller à ce que l'oiseau ne se blesse pas en se débattant.

On peut pour cela plaquer les ailes au corps avec une bande adhésive et immobiliser les pattes de la même façon.

Dès que l'oiseau est en mesure de se tenir percher, il faut le remettre dans sa cage et le réalimenter.

4. Les tortues

Identification de l'espèce

Examen clinique

Température ambiante

Diète préopératoire utile ou pas ? diète une journée conseillée.

Antibiothérapie préopératoire.

Choix du circuit

Surveillance de l'anesthésie

Signes à rechercher

Signes inquiétants

Prévention et traitement des accidents et incidents anesthésiques

 

 

 

VOIES D'ADMINISTRATION DES MEDICAMENTS

&endash; Voie buccale : à la seringue (sirop, pâte) ou ce qui est préférable avec une sonde gastro-oesophagienne.

&emdash; Technique du sondage gastro-oesophagien (utilisable aussi pour le gavage)

La contention est indispensable pour les gros sujets

La tête de la tortue est tenue entre deux doigts et tirée vers le haut. La cavité buccale est maintenue ouverte avec une pince ou un pas d'âne pour oiseaux/reptiles pour empêcher la tortue de couper la sonde avec son bec corné. Le pas d'âne n'est pas obligatoire pour les tortues calmes ou affaiblies.

Longueur nécessaire de sonde = distance du bord crânial du plastron jusqu'à la jonction plaque abdominale &emdash; plaque fémorale

Après lubrification on introduit la sonde en l'inclinant légèrement vers la gauche (estomac à gauche).

&endash; voie sous-cutanée : peu commode car la dispersion des liquides entre le tégument et le tissu conjonctif sous cutanée est assez lente et difficile.

&endash; voie intra-musculaire : la plus pratique

&endash; voie intra-veineuse :voie de choix pour l'administration d'anesthésiques (propofol, kétamine) ou d'antibiotiques en cas de septicémie (enrofloxacine, amikacine, cefotaxime).

&endash; voie intra-coelomique : pas de réel intérêt

&endash; voie intra-osseuse : particulièrement intéressante pour la fluidothérapie mais difficile à mettre en œuvre.

&endash; voie intra-cloacale : elle mériterait d'être d'avantage explorée. Elle semble donner de bons résultats dans le traitement des endoparasitoses.

PRINCIPAUX ANESTHESIQUES UTILISABLES CHEZ LES TORTUES

 

  •  

     

  • Anesthésiques fixes

 

 

Kétamine

 

 

 

Tilétamine/Zolazépam

 

 

Xylazine

 

Propofol

(Rapinovet ND)

Alphadalone

/alphaxalone

 

50-100 mg/kg SC, IM, IP, IV

Induction 15 à 60 minutes

Durée d'action _ heure à 3 heures

Effet analgésique variable, faible myorelaxation, risques de dépression respiratoire.

5-15 mg/kg IM, IV

Induction 10-20 minutes

Insuffisant seul pour chirurgie longue

Effet souvent imprévisible, grandes variations selon les espèces

2-4 mg/kg

+ kétamine 25-50 mg/kg 30 minutes plus tard

Bonne myorelaxation

14-15 mg/kg

Induction : 30 secondes à 1 minutes

Durée d'action : 30 à 45 minutes

9 mg/kg IM

Contre indiqué si insuffisance hépatique

  •  

     

  • Anesthésiques

gazeux

 

 

Fluothane

 

 

Isoflurane

 

3-4 % en induction puis 1 à 3 %

3 à 10 cycles/minutes

avec protoxyde d'azote/02 rapport 2/1 (1/1 à l'induction)

3-4 % en induction puis 1 à 3 %

induction possible avec kétamine IV ou Propofol IV

Débit oxygène 1-2 litres/minutes

Réveil 5 à 10 minutes

  •  
  • Agents sédatifs

 

 

Acepromazine

Chlorpromazine

Diazepam

Midazolam

 

0,1-0,5 mg/kg IM

10 mg/kg

0,2-0,6 mg/kg

2 mg/kg SC, IM

+ kétamine 20-40 mg/kg SC, IM

  •  
  • Inhibiteurs des sécrétions bronchiques

 

 

Atropine

 

 

Glycopyrronium

(Robinul ND)

 

 

0,01-0,04 mg/kg SC, IM, IV

10 minutes avant anesthésie

prévention et traitement des oedèmes pulmonaires lors d'une anesthésie aux barbituriques

10 µg/kg SC, IM, IV

prolonge ou potentialise les effets de l'atropine

diminue les sécrétions salivaires et gastriques

réduit la bradycardie

  •  
  • Analgésiques

 

 

Flunixine

Meloxicam

Ketoprofen

 

0,1-0,5 mg/kg IM, IV /12-24 heures pendant 1 jour ou 2.

0,1-0,2 mg/KG PO/24 heures. Douleurs chroniques ou orthopédiques

2 mg/kg SC, IM pendant 1 jour ou 2.

L'eau représente chez les tortues (et tous les reptiles) un volume de 70 à 75 % du poids total dont 45 à 60 % sont répartis dans le secteur extracellulaire. Le secteur extracellulaire est plus riche en Na et plus pauvre en K que le secteur intracellulaire et inversement. L'osmolarité du plasma est telle qu'une solution saline à 0,8 % est isotonique ; le soluté Nacl à 9 % est donc hypertonique.

La déshydratation la plus fréquemment observée est une déshydratation extracellulaire hypernatrémique par pertes liquidiennes. Elle nécessite un soluté hypotonique (ex. 50 % Nacl à 9 % + 50 % glucose à 5 %). Le soluté de Ringer lactate doit être évité car l'acide lactique est difficilement catabolisé par le foie des tortues et il peut engendrer une myasthénie et une prostration.

Les solutés de réhydratation doivent toujours être réchauffés à 30°c avant administration. Elles peuvent être perfusées par voie IV, Intra-coelomique, intra-osseuse, à raison de 20 ml/kg/24 h sans dépasser 1,4 ml/kg/h.

 

 

Bibliographie

  1. BOURDEAU P. Pathologie des tortues 3ème partie : aff. Resp., autres aff. Et thérapeutique. Le Point Vétérinaire, 1991, 21,119,45-61.
  2. FRYE F.L. Antibiotic therapy in reptile medecine, In : Reptile Care, Vol. II. TFH Public, Inc, Neptune City, 1991 : 620-633.
  3. MADER DR. Reptile medicine and Surgery. WB Saunders Company, Philadelphia, 374-379.
  4. SCHILLIGER L. Thérapeutique des NAC : reptiles. EPU ENVA 20 mars 1999.

 




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